|
L’impact moins douloureux que sur le prix du carburant Les sociétés pétrolières supportent jusqu’à 50% des coûts LES hausses du pétrole ne perturbent pas que le marché des hydrocarbures. Des dommages collatéraux sont à signaler au niveau des lubrifiants, dont le prix est directement lié à ceux de l’or noir. En effet, les lubrifiants sont composés d’huile de base, importée et indexée sur les prix du pétrole brut. Elle constitue l’ingrédient principal du lubrifiant, en plus de différents additifs. L’emballage (fûts et récipients) est également à prendre en compte. Les prix de revient sont les mêmes pour toutes les sociétés pétrolières. «Mais jusqu’à présent, aucune société n’a vraiment répercuté la hausse des prix», signale le chef du département lubrifiant d’une société pétrolière. Selon cette source qui a préféré garder l’anonymat, le prix des huiles de base augmente toutes les deux semaines, mais la répercussion n’est vraiment effective que tous les deux ou trois mois. Les fournisseurs assument, jusqu’au moment où la pression devient trop forte. Par conséquent, cette année, il y a eu jusqu’à présent une seule augmentation notable pour les consommateurs. En outre, le marché, bien qu’étant libre, reste tout de même soumis aux tendances de Shell, leader mondial du secteur. Si ce dernier augmente ses prix, les autres sociétés pétrolières sont généralement obligées d’en faire autant. Selon la même source, «l’augmentation n’est visible qu’à hauteur de 5% sur les prix définitifs, mais si elle est réellement appliquée, elle serait de plus de 15%. Il y a déjà eu une augmentation en avril, et nous avons supporté quelque 50% de la différence. D’après nos prévisions, une nouvelle hausse devrait intervenir dans deux ou trois mois». A ce moment-là, le consommateur sera obligé de passer à la caisse. Toujours selon notre source, cette tendance à la «compensation interne est d’ordre mondial, et toutes les sociétés pétrolières appliqueraient le même système. Cependant, quoi qu’il en soit, ce ne sera jamais aussi grave que la hausse du carburant. Celle-ci est ressentie quasiment tous les jours. Alors que les véhicules ont besoin de lubrifiants tous les trois, sept, voire douze mois. Nous compensons avec les produits bas de gamme, comme les huiles de moteurs à 20 DH le litre, qui durent quelque 3.000 km avant la vidange», indique notre source. «Pour la gamme supérieure, comprenant les huiles à 100 DH/litre, et pouvant durer jusqu’à 20.000 km, nous prenons moins sur nous». Le particulier ne ressent pas forcément la différence. Mais il finit toujours par la payer. -------------------------------------------------------------------------------- Huiles de base LES huiles «essentielles» pour la composition des lubrifiants se divisent en trois familles. En premier lieu, on trouve les huiles minérales, qui proviennent de la distillation du pétrole brut. Elles présentent des performances «moyennes» et sont de très loin les plus utilisées, aussi bien dans les applications automobiles qu’industrielles. En second lieu, on trouve les huiles de semi-synthèse, qui s’obtiennent à partir d’un mélange d’huiles minérales et d’huiles de synthèse (généralement 70 à 80% d’huile minérale et 20 à 30% d’huile de synthèse). Ces dernières sont des produits obtenus par réaction chimique de plusieurs composants. A. B. Source : © 2001 L'économiste - Réalisation : Lnet Multimedia
|